17.3.06

A tout rompre


Credit Photo : John Petrak


Serge me parlait de mon expérience enfantine des Légo avec ce parallèle intéressant (et bienveillant à la fois) sur leur vocation à imbriquer plus tard parfois des mots :

"C'est très grave d'avoir joué ainsi à imbriquer des objets... c'est comme ça que naît l'envie d'assembler toutes choses, dont les mots... C'est comme ça que naissent les premières souffrances de nos constructions éphémères... En route vers le solide éternel !!!"
.

Je dois avouer imbriquer les mots oui ! De façon violente parfois, destructurante presque toujours le vocabulaire à ma portée ne me suffisant pas toujours pour ancrer l'image, je triture, déconstruis ou reconstruis le Verbe (mea culpa) et, de façon enflammée enivrée toujours !! Je suis dans un état second en écrivant. Une transe, un envol, une pluie, une joui*sens* absolue. Un effet phénoménal et indescriptible de transport. Il faut dire que je donne dans le texte court ... cet état là sur des heures me vaudrait un arrêt cardiaque assurément.

C'est pour cela que l'exercice que je fais aujourd'hui m'est plus "difficile" car nouveau. Ecrire dans la construction soutenue pour aboutir un roman [[qui mènera un lecteur ( il y en aura au moins 4 si si) d'un point à un autre (je ne suis pas pour le kidnapping pourtant ^^)]] est un exercice inconnu (enfin en dehors du milieu professionnel où j'ai préparé pas mal de types de documents pour des présentations clients ou des colloques en passant par du compte rendu technique à des clients australiens etc ...). Je suis dans l'écriture mais avec une ligne, un but, je vais vers le message final, vers le dénouement, les multiples dénouements et, le tout dans une vision du monde que je tente de faire partager, mais surtout pas imposer ( je vous rassure ? ).
Malgré un plaisir qui pourrait paraître contrarié par le cadre _je dois me laisser aller mais revenir, finir sur la ligne de fuite que je me suis fixée_ le ressort constructif reste magique[[ Et j'en suis la première étonnée ^^ ]]: ce sont les sous couches, les seconds niveaux de lecture qui me font le plus plaisir à mettre en tissage, en cohérence car je boucle maintes boucles qui passeront sûrement inaperçues mais qui sont le centre de mon intérêt, de ma passion pour ce "livre". Et même si le plaisir d'écrire un roman est différent d'un poème, d'une nouvelle, d'une histoire brève il est là au RDV, immense. Et différent. Construire _quand on est comme moi dans le rapport fougueux à l'écriture par nature_ me secoue plus fortement encore : il ne m'apporte pas les mêmes envolées mais _oui! c'est cela le terme : la secousse est au RDV. Il y a un plaisir à mettre en ligne des chapîtres dans la symbolique ou dans la cohérence qui est à part.

J'ai une sorte de peur au ventre et, en même temps, de nouvelles sensations malgré la contrainte. Le poids au ventre, la tension différente, ne se dénouera qu'une fois le tout posté, évacué, délivré et, cela, désormais, je le sais. Ahhh La construction : Je la ressens tout en sachant qu'elle sera quasi transparente dans le résultat. Ecrire sous cette sorte d'épée de Damoclès, c'est très très nouveau comme principe pour ma maigre expérience.

Décidemment, écrire est un accès à diverses ressources que je ne prévisualisais pas du tout dans leur globalité. Le roman (il faut dire que les amateurs de thriller et de pas mal de genres ne se pencheront pas sur mon petit cas ^^) est une aventure majeure qu'il faut tenter si on le ressent, si vous le ressentez : lu ou pas, publié ou pas, cette osmose, cet appel, ce que cela sous-tend comme approche est un enseignement magistral que l'on s'offre, que le texte nous donne.

C'est magique. Je ne sais pas si les personnes qui sont désignées ""d'office"" pour mon mini comité de lecture le ressentiront mais je suis heureuse de l'écrire, de le porter, de le mener à son terme, de l''accoucher'.

Comment cela je dis tout et son contraire dans cette note ?
Aucune idée ^^
Je n'ai aucun recul je livre comme cela vient ^^ Et je ne vais pas relire sinon je vais me censurer et vous rateriez le peu de message qu'il fallait y trouver et encore si j'avais la prétention qu'il y en ait ^^

4 Comments:

At 12:44, Anonymous Serge said...

Wouaaaaa...( à prononcer dans un murmure, pas plus fort...)
Toi t'es amoureuse! Il est donc terminé ce doux temps des bluettes attendrissantes... La passion que tu ressens en toi, jusque dans ton ventre est bien loin des sentiments de l'enfance et de son innocence. Ce roman est un amant idéal comme en témoigne cette construction à ton image et à celle qui t'obsède jusqu'à perdre l'appétit...
Serge

PS: Il est tout mignon mon commentaire que tu as déposé dans le landau de ton billet... je suis content de le voir agiter ses petites jambes et ses petites mains. Ne lui manque que le jouet qui l'a aidé à naître: le tintant hochet ego qui était aussi le t'aime de sa naissance ;) Ce n’est pas l’ego qui a inspiré ton billet, mais je souhaite préciser à tes lecteurs que ton inspiration n’est plus maîtrisée et que tu concentres beaucoup d’énergies en toi… Je vais quand même faire un pas en arrière… il y a des explosions de lumières qui peuvent aveugler… je serais désolé de perdre un seul instant de ta métamorphose, petit papillon cosmique ;) Bisous Claire...

 
At 21:11, Anonymous lub said...

quand on est comme moi dans le rapport fougueux à l'écriture par nature"----- fougueux, c'est un peu de mon rapport, lequel je n'arrive pas encore à décrire, comme quelque chose de l'ordre de la passion..

 
At 11:23, Blogger Viola said...

Tu 'atout' pour ne pas rompre. "IL" est ton île idéale.

 
At 22:11, Anonymous lub said...

tu es un roseau , Claire , bises..

 

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